Refuser les inégalités – Les petits paysans

Chaque année 15 millions de personnes meurent de faim. Environ un milliard  de personnes  souffrent de la faim dans le monde, les ¾ sont des petits producteurs du Sud. En effet, la politique foncière empêche des milliers de producteurs d’accéder à la terre accaparée par des grandes firmes.

De grands propriétaires développent les cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières (du coton à la place du mil…) Parallèlement L’accord sur l’agriculture négocié en 1994 vise la libéralisation totale du marché sans tenir compte de la disparité entre les pays industrialisés et les autres. Au Sud 80% de la main d’œuvre vit de l’agriculture, principale source de devises et de recettes pour ces pays.

L’accord de 1994 empêche les gouvernements du Sud de protéger leurs productions locales par des tarifs douaniers ou par des subventions. L’ouverture des frontières et l’interdiction des subventions ruinent l’économie essentiellement agricole des pays du Sud. Les denrées (lait, viande, tomates,…) importées principalement d’Europe ou des Etats-Unis à très bas prix inondent leurs marchés et ruinent les petits producteurs.

Il faut donc reconnaître aux pays du Sud le droit de protéger leurs frontières contre des importations de produits agricoles vendus en dessous du prix du marché (dumping). Une réforme des règles de l’OMC sur les produits agricoles s’impose. Elle ne pourra que favoriser les échanges de produits et de services entre l’Union Européenne et les pays du Sud.

Forum Social Mondial de Bamako janvier 2006
Délégation du regroupement de petits  paysans d’Afrique de l’Ouest

La politique de l’OMC est favorable aux multinationales mais pas aux petits paysans, ni aux salariés de l’agroalimentaire, ni aux consommateurs.

Le surplus de bien être des consommateurs dont se targuent les promoteurs de l’accord de 1994 ne va pas dans la poche des consommateurs de tel ou tel pays mais…après distribution des dividendes dans celles des actionnaires des multinationales. Les agriculteurs ne vendent pas ou peu aux consommateurs mais aux entreprises agroalimentaires (de transformation ou de distribution) Ainsi les prix des produits agricoles ont augmenté en France de 1,7% de 95 à 2001 alors que les produits alimentaires ont augmenté de 12,9% pour la même période. Toujours pour cette période le prix des produits alimentaires importés (souvent des pays du Sud) a baissé de 32,5%.